Le Conseil de surveillance du groupe Vivendi a (enfin) tranché : SFR sera vendu au groupe Altice (Numericable). C’est donc un échec pour Bouygues qui avait plusieurs fois revu son offre et tout tenté pour s’imposer.

Au terme de débats approfondis, le Conseil de surveillance a décidé, à l’unanimité, de retenir l’offre d’Altice/Numericable qui correspond au projet industriel le plus porteur de croissance, le plus créateur de valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires, et répondant le mieux aux objectifs de Vivendi.

Vivendi recevra 13,5 milliards d’euros à la réalisation de l’opération (ainsi qu’un complément éventuel de prix de 750 millions d’euros) et une participation de 20% (que Vivendi pourra céder ultérieurement) : cet ensemble devrait représenter une valeur totale supérieure à 17 milliards d’euros.

Vivendi affirme que cet équilibre entre le numéraire reçu et l’espoir industriel de création de valeur correspond à la philosophie du groupe, industriel et financier, soucieux de créer de la valeur pour le long terme dans l’intérêt des actionnaires, des salariés et des consommateurs.

©Patrick Tournebeuf  / Visuel Campus SFR - Façade avec logo 2.
©Patrick Tournebeuf / Visuel Campus SFR – Façade avec logo 2.

Et maintenant ?

Une nouvelle étape commence donc pour Vivendi qui va désormais consulter les instances représentatives du personnel sur le projet proposé par Altice-Numericable et initier les procédures d’obtention des autorisations des autorités administratives compétentes.
Le groupe rendra compte le 24 juin prochain lors de l’assemblée générale annuelle de ses actionnaires des conditions dans lesquelles cette opération a été conduite.

Bouygues se laissera t’il faire ?

C’est LA question qu’on peut désormais se poser. L’opérateur n’a jamais caché sa détermination à empêcher la fusion de SFR avec Altice par tous les moyens. Il pourrait étudier d’éventuels recours judiciaires. Le feuilleton de la revente de SFR par Vivendi n’est peut-être pas totalement clos…


Les éléments qui, selon Vivendi, ont fait pencher la balance en faveur de l’offre d’Altice-Numericable :

  1. La qualité du projet industriel

    Le projet d’Altice/Numericable repose sur une convergence mobile-fixe, avec des synergies découlant de l’interdépendance des réseaux respectifs des deux entités fusionnées. Les positions de SFR-Numericable dans le très haut débit fixe et mobile créeront de nouveaux leviers de croissance, une accélération du nombre de lignes connectées et des offres de très grande qualité pour les entreprises et les consommateurs. Elles offriront également d’importantes opportunités de développement dans le Quadruple Play et les nouveaux usages. Elles s’inscrivent dans la logique du plan France Très Haut Débit lancé en février 2013.

  2. La pérennité de l’emploi

    Vivendi a fixé comme pré-requis aux acheteurs potentiels l’engagement sur l’emploi. Cela correspond également aux priorités affichées par le gouvernement. Le projet industriel d’Altice/Numericable est celui qui garantit pleinement le développement de l’emploi dans la durée, notamment par les investissements qu’il implique.

  3. Les risques de concurrence

    Tous les experts consultés ont conclu que l’offre d’Altice/Numericable présente les risques les moins élevés en matière de concurrence. SFR et Numericable ne sont pas présents sur les mêmes segments de marché et leurs activités sont complémentaires.

  4. La valorisation pour Vivendi

    Vivendi a retenu l’option la mieux équilibrée entre le numéraire reçu immédiatement et la participation en titres lui permettant de bénéficier de la valorisation totale la plus élevée. Tout en poursuivant la stratégie déjà annoncée de concentration dans les médias, Vivendi souhaite accompagner SFR, sa filiale depuis 27 ans, en confortant sa structure industrielle et sociale.