Free fibre optique

Alors que la fibre optique continue son déploiement sans rencontrer un enthousiasme débordant auprès des clients potentiels des zones déjà couvertes, une possibilité de mise à jour du réseau téléphonique classique est à l’étude, c’est ce qu’on appelle la «montée en débit». L’autorité en charge des télécoms (ARCEP) a mené un chat ce mardi 26 juillet 2011 pour répondre aux questions des internautes sur le sujet. Voici ce qu’il faut savoir sur la «montée en débit».

 

Quelle est la situation actuelle ?
Actuellement l’équipement ADSL est installé au niveau du central téléphonique, le répartiteur. On en compte environ 13 000 en France. Le débit de votre ligne dépend de la distance entre ce répartiteur et votre habitation. Plus celle-ci augmente, plus le débit diminue.

 

Qu’est-ce que la «montée en débit» ?
Il s’agit d’une mise à jour du réseau téléphonique classique (cuivre). Entre le répartiteur et votre habitation se trouvent des sous-répartiteurs, au nombre de 130 000 environ en France. La «montée en débit» consiste à équiper directement ces sous-répartiteurs afin de raccourcir la longueur de votre ligne et donc d’augmenter son débit. Elle concerne donc principalement les personnes éloignées de leur central téléphonique, notamment en zone rurale.

 

Pour quelle efficacité ?
On estime que 90% des lignes d’un sous-répartiteur pourront bénéficier d’un débit supérieur à 10 Mega après une opération de «montée en débit». L’idéal étant d’équiper les sous-répartiteurs situés à 2km des centraux téléphoniques. Sur les 130 000 sous-répartiteurs, on estime que 20 000 pourraient faire l’objet d’une opération de «montée en débit», soit plus de 3 millions de lignes.

 

Comment équiper un sous-répartiteur ?
Il faudra procéder à des aménagements au sein des sous-répartiteurs ainsi qu’à l’installation des équipements techniques afin qu’ils puissent bénéficier d’une telle opération. Il sera également nécessaire d’installer une liaison en fibre optique entre chaque sous-répartiteur et le répartiteur principal.

 

Combien ça coûte ?
Une opération de «montée en débit» se fera à la demande d’un opérateur ou d’une collectivité. Le coût sera donc supporté par la collectivité à l’origine de la demande. Il faudra compter entre 30 000 et 50 000 euros pour l’aménagement du sous-répartiteur, sans compter la fibre optique de liaison avec le central téléphonique principal.

 

Pourquoi ne pas fibrer directement les abonnés ?
La «montée en débit» n’a pas vocation selon l’ARCEP à concurrencer la FTTH (Fiber To The Home : Fibre jusqu’au domicile du client). Elle est plutôt destinée aux zones rurales ou aux périphéries peu denses pour lesquelles déployer une fibre optique jusqu’à chaque domicile demanderait trop d’investissements financiers et de travaux.

 

Quelle disponibilité ?
L’ARCEP indique un délai indicatif de 10 mois entre la demande d’une collectivité ou d’un opérateur à France Télécom et la mise en service du NRA-MED (sous-répartiteur bénéficiant d’une opération de «montée en débit»).

 

Et après ?
La «montée en débit» pourrait voir son intérêt augmenter avec l’apparition possible du VDSL2 en 2012 qui permettrait des débits symétriques allant jusqu’à 50 Méga, voire 100 Méga pour les abonnés les plus proches d’un répartiteur, ou d’un sous-répartiteur ayant bénéficié d’une opération de «montée en débit».

Les perspectives offertes par le VDSL2 seront l’objet d’un prochain article.